- Démissionner en période d'essai est libre et ne nécessite aucune justification de la part du salarié.
- Le délai de prévenance est de 24 heures si la présence dans l'entreprise est inférieure à 8 jours, 48 heures au-delà.
- En principe, la démission en période d'essai ne donne pas droit à l'ARE sauf si un motif légitime est invoqué.
- L'employeur doit remettre certificat de travail, attestation France Travail et solde de tout compte même en période d'essai.
Démissionner pendant la période d'essai est un droit du salarié. La procédure est plus simple qu'en CDI classique : pas besoin de justifier son départ, et le délai de prévenance est très court. Mais certaines règles s'appliquent quand même, notamment sur le chômage et les documents de fin de contrat.
Durées légales de la période d'essai
La période d'essai ne peut excéder des durées fixées par le Code du travail (articles L1221-19 à L1221-24). Ces durées sont des maxima légaux ; la convention collective ou le contrat peuvent prévoir des durées plus courtes.
| Catégorie professionnelle | Durée initiale maximale | Renouvellement possible | Durée totale maximale |
|---|---|---|---|
| Ouvriers et employés (CDI) | 2 mois | 1 fois (si accord collectif) | 4 mois |
| Agents de maîtrise et techniciens (CDI) | 3 mois | 1 fois (si accord collectif) | 6 mois |
| Cadres (CDI) | 4 mois | 1 fois (si accord collectif) | 8 mois |
| CDD | 1 jour par semaine (contrat ≤ 6 mois), max 2 semaines pour ≤ 6 mois et 1 mois pour > 6 mois | Non renouvelable | Selon durée du CDD |
Le renouvellement de la période d'essai n'est possible que si un accord de branche l'autorise, si le contrat le prévoit explicitement et si le salarié accepte par écrit.
Le délai de prévenance en cas de démission
Contrairement au préavis classique d'un CDI, le délai de prévenance lors d'une démission en période d'essai est très court. Il est fixé par l'article L1221-26 du Code du travail :
| Temps de présence dans l'entreprise | Délai de prévenance du salarié |
|---|---|
| Moins de 8 jours | 24 heures |
| 8 jours ou plus | 48 heures |
Ce délai commence à courir dès la notification écrite de la rupture par le salarié. Il n'est pas lié à la durée totale de la période d'essai, mais uniquement au temps déjà passé en entreprise.
Comment démissionner pendant la période d'essai
Même si aucune forme particulière n'est légalement imposée, une notification écrite est fortement recommandée pour éviter tout litige sur la date de départ :
- Remise en main propre d'une lettre datée, contre signature
- Lettre recommandée avec accusé de réception
- Email avec accusé de lecture (acceptable pour les petites structures)
La lettre n'a pas besoin d'être motivée. Une formule simple suffit : "Je vous informe de ma décision de mettre fin à ma période d'essai à compter du [date + délai de prévenance]."
Droits au chômage après une démission en période d'essai
En principe, une démission en période d'essai ne donne pas droit à l'ARE, comme toute démission volontaire. Mais deux situations permettent d'être indemnisé :
| Situation | Droit à l'ARE ? | Condition |
|---|---|---|
| Démission en PE pour motif légitime | Oui | Suivi de conjoint, non-paiement du salaire, harcèlement... (mêmes motifs qu'une démission ordinaire) |
| Démission en PE puis reprise d'emploi et perte involontaire | Oui, après la nouvelle perte d'emploi | Avoir travaillé 130 jours sur les 24 mois suivants |
| Démission en PE simple sans reprise | Non | Pas d'indemnisation directe |
| Démission pour entrer dans un nouveau poste qui échoue | Oui (démission légitime) | Avoir quitté un emploi stable pour un nouveau CDI/CDD dont la PE est rompue par l'employeur |
Ce dernier cas est souvent méconnu : si vous démissionnez d'un CDI pour accepter un autre poste, et que l'employeur rompt votre nouvelle période d'essai, votre démission initiale est reconnue comme légitime et vous pouvez ouvrir des droits à l'ARE. Les droits sont calculés sur la base de votre ancien emploi.
Documents de fin de contrat
Quelle que soit la partie qui rompt la période d'essai, l'employeur doit obligatoirement remettre :
- Certificat de travail (avec les dates de début et fin du contrat)
- Attestation employeur pour France Travail (indispensable pour une éventuelle inscription au chômage)
- Reçu pour solde de tout compte (salaire des jours travaillés + indemnité compensatrice de congés payés si acquis)
En période d'essai, aucune indemnité de rupture n'est due. Seuls les jours travaillés et les congés éventuellement acquis sont à régler. La contestation du solde de tout compte reste possible dans les 6 mois après signature.
Rupture à l'initiative du salarié vs de l'employeur
| Critère | Rupture par le salarié (démission) | Rupture par l'employeur |
|---|---|---|
| Délai de prévenance | 24h (sous 8 jours) / 48h (8 jours et plus) | 24h (sous 8 jours) / 48h (8 jours à 1 mois) / 2 semaines (1 à 3 mois) / 1 mois (plus de 3 mois) |
| Indemnité de rupture | Aucune | Aucune (sauf faute grave/lourde du salarié non avérée) |
| Droit au chômage | Non (sauf motif légitime) | Oui (si affiliation suffisante) |
| Motivation obligatoire | Non | Non, mais ne peut pas être abusive ni discriminatoire |