Préavis de démission : durée, calcul et exceptions
Que retenir ?
  • La durée du préavis dépend de votre convention collective, de votre catégorie (employé, cadre) et parfois de votre ancienneté.
  • Les durées les plus courantes sont 1 mois pour les non-cadres et 3 mois pour les cadres, mais elles varient selon les secteurs.
  • Le préavis commence à la date de réception de la lettre de démission par l'employeur, pas à la date d'envoi.
  • Une dispense de préavis peut être accordée par l'employeur, avec ou sans indemnité selon qui en fait la demande.

Le préavis de démission est la période qui s'écoule entre la notification officielle de votre départ et la rupture effective de votre contrat de travail. Sa durée n'est pas fixée par une règle unique : elle dépend de votre catégorie professionnelle, de votre ancienneté et surtout de votre convention collective. Ce guide fait le point sur les règles applicables en 2026.

Outil officiel : pour connaître la durée exacte de votre préavis selon votre convention collective, utilisez le simulateur gratuit code.travail.gouv.fr/outils/preavis-demission. Entrez votre IDCC (visible sur votre bulletin de salaire) et obtenez la durée applicable à votre situation.

La durée légale du préavis de démission

Le Code du travail ne fixe pas de durée universelle. Il renvoie aux usages professionnels et aux conventions collectives. En l'absence de convention applicable, les durées généralement reconnues par la jurisprudence sont les suivantes :

Catégorie professionnelle Ancienneté Durée de référence
Ouvrier / Employé Moins de 6 mois Selon usages (souvent 1 semaine)
Ouvrier / Employé 6 mois à 2 ans 1 mois
Ouvrier / Employé Plus de 2 ans 2 mois
Agent de maîtrise / Technicien Toute ancienneté 1 à 3 mois (selon convention)
Cadre Toute ancienneté 3 mois (très souvent)

Ces durées sont des minima issus des usages. La convention collective peut prévoir des durées différentes, et le contrat de travail peut allonger le préavis pour autant qu'il soit plus favorable au salarié. En cas de conflit, c'est toujours la règle la plus favorable qui s'applique.

Durée du préavis selon les principales conventions collectives

Les durées varient sensiblement d'un secteur à l'autre. Voici les durées de préavis de démission généralement constatées dans les conventions les plus représentatives :

Convention collective (secteur) Employés / Techniciens Cadres
Commerce de détail et de gros 1 mois 3 mois
Hôtellerie, cafés, restaurants (HCR) 15 jours à 1 mois selon ancienneté 3 mois
Bâtiment (ouvriers) 1 à 2 semaines 3 mois
Métallurgie 1 mois 3 mois
Banque et assurance 1 mois 3 mois
Syntec (informatique, ingénierie) 1 à 2 mois selon coefficient 3 mois
Transports routiers 15 jours à 1 mois 3 mois
Grande distribution alimentaire 1 mois 3 mois
Santé (établissements privés) 1 mois 3 mois

Ces durées sont indicatives. Consultez toujours votre convention collective (identifiée par son IDCC sur votre bulletin de salaire) pour connaître la durée exacte applicable.

Comment calculer votre préavis étape par étape

1
Identifiez votre convention collective
Son nom et son numéro IDCC figurent sur votre bulletin de salaire. Consultez le texte sur legifrance.gouv.fr ou via l'outil code.travail.gouv.fr.
2
Vérifiez votre catégorie et votre ancienneté
Ouvrier, employé, technicien, cadre... La catégorie détermine souvent la durée de référence. L'ancienneté compte à partir de votre date d'entrée dans l'entreprise.
3
Identifiez la date de notification
Le préavis commence le jour où votre employeur reçoit votre lettre de démission (remise en main propre ou accusé de réception du recommandé). Pas le jour où vous l'avez rédigée.
4
Calculez la date de fin
Ajoutez la durée du préavis à la date de notification. Si la fin tombe un samedi, dimanche ou jour férié, le contrat prend fin le dernier jour ouvrable précédent, sauf disposition contraire de la convention.
5
Vérifiez les éventuelles dispenses ou réductions
Accord amiable avec l'employeur, motif de démission légitime, clause contractuelle... Ces éléments peuvent modifier la durée effective du préavis.

Exemple concret de calcul

Un employé (catégorie employé, ancienneté 3 ans) envoie sa lettre recommandée reçue le 15 mai 2026. Sa convention collective prévoit 1 mois de préavis pour les employés. Son dernier jour de travail est donc le 14 juin 2026 (ou le 15 si la convention prévoit que le mois court jusqu'au même jour du mois suivant, selon la jurisprudence applicable). La date de fin est clairement indiquée dans la lettre de démission.

La dispense de préavis : qui peut en bénéficier ?

La dispense de préavis peut être accordée dans plusieurs situations. Elle signifie que vous quittez l'entreprise avant la fin théorique du préavis, mais sans perdre votre rémunération.

Dispense à l'initiative de l'employeur

L'employeur peut vous dispenser d'exécuter votre préavis. Dans ce cas, il doit vous verser une indemnité compensatrice de préavis équivalente aux salaires et avantages que vous auriez perçus si vous aviez travaillé jusqu'au terme. Cette dispense est fréquente quand l'employeur souhaite que le salarié parte rapidement ou qu'il rejoigne un concurrent.

Dispense à la demande du salarié

Vous pouvez demander à être dispensé de préavis. Si l'employeur accepte, la dispense est totale et vous ne percevez pas d'indemnité (puisque c'est vous qui souhaitez partir plus tôt). Cet accord doit être formalisé par écrit. Voir notre page dédiée : dispense de préavis : démarches et conséquences.

Cas où le préavis est réduit ou supprimé de droit

Certaines situations donnent droit à un préavis réduit ou supprimé sans accord de l'employeur :

Situation Effet sur le préavis Base légale
Démission pendant ou après congé maternité Suppression du préavis (dans les 2 mois après le retour) Article L1225-34 Code du travail
Salarié victime de violences conjugales Préavis réduit à 1 mois maximum Article L1237-1-1 Code du travail
Mutation du conjoint Démission légitime, préavis habituel mais ARE ouverte Règlement assurance chômage
Accord amiable employeur/salarié Réduction ou suppression selon accord Article L1237-19 Code du travail
Faute grave de l'employeur Salarié peut quitter sans préavis (prud'hommes) Jurisprudence

Cas particuliers et régimes spécifiques

Les VRP (représentants de commerce)

Pour les VRP, le préavis de démission est encadré par l'accord national interprofessionnel du 3 octobre 1975. La durée est d'1 mois par année de présence, avec un maximum de 3 mois. Un VRP présent depuis 6 mois a droit à 1 mois de préavis ; depuis 2 ans, à 2 mois ; depuis 3 ans ou plus, à 3 mois.

Les journalistes professionnels

Pour les journalistes, la loi Brachard (article L7112-2 du Code du travail) prévoit un préavis d'1 mois pour moins de 3 ans d'ancienneté et de 2 mois pour 3 ans et plus.

L'Alsace-Moselle

Le droit local d'Alsace-Moselle prévoit des règles spécifiques. Pour les ouvriers, le délai de résiliation peut être de 15 jours. Pour les employés, les règles nationales s'appliquent, mais avec quelques particularités liées au droit local qui peuvent allonger le préavis dans certains secteurs. Consultez votre convention collective territoriale pour vérification.

Préavis et congés payés

Une question fréquente : peut-on poser des congés pendant le préavis ? Oui, sous conditions :

Pour en savoir plus : congés payés pendant le préavis de démission.

Que se passe-t-il si vous ne respectez pas le préavis ?

Si vous quittez votre emploi sans effectuer votre préavis (et sans dispense de l'employeur), vous vous exposez à :

En pratique, les recours aux prud'hommes pour inexécution de préavis restent rares, notamment pour des postes non stratégiques. Mais le risque existe. Voir notre page : démission sans préavis : quelles sanctions ?